Le CRI des Travailleurs
n°34
(novembre-décembre 2008)

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Brève ou communiqué du 27 juin 2008

L'intégralité du dossier d'exclusion des militants CRI du comité NPA Paris 5e/13e


Auteur(s) :Groupe CRI
Date :27 juin 2008
Mot(s)-clé(s) :NPA, exclusions
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Tract du 27 juin 2008 contre l'exclusion des militants CRI [pdf] [doc]

Quelques extraits des textes de la LCR sur le type de parti qu'elle souhaite

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Lettres du Groupe CRI à la LCR et aux JCR

Lettre du 9 octobre 2007 à la direction de la LCR

Camarades,

Suite à un bref échange téléphonique avec Yvan Lemaitre, nous vous confirmons que nous souhaiterions vivement vous rencontrer pour discuter sur votre proposition de « nouveau parti anticapitaliste » et sur ses premières concrétisations.

Dans la lettre ouverte que nous vous avons adressée le 18 juillet, nous avons tenu à déclarer publiquement notre position et les points dont nous souhaitions débattre, dans l’idée que cela faciliterait l’ échange politique.

C’est pourquoi nous espérons vivement votre réponse et nous tenons prêts à vous rencontrer dès que possible.

Salutations révolutionnaires,
Groupe CRI
Pour tout contact : groupecri@free.fr ou 06 64 91 49 63

Lettre du 21 décembre 2007 aux militants JCR

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Lettre du 14 avril 2008 à la direction de la LCR et des JCR

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Compte-rendu de la rencontre CRI/LCR du 30 mai 2008

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Échanges de courriels sur la liste NPA 5e/13e concernant les dégradations du local [de l'Union Locale du syndicat X] dans le 13e

Remarque: par mesure de confidentialité, les adresses électroniques ont été enlevées, les noms et les prénoms des intervenants ont été remplacés par des initiales. Nous avons également tenu à ne pas rendre publique sur cette page l'indentité du syndicat dans le local duquel a eu lieu la réunion des comités NPA 5e/13e.

Premier message d'A. (participant au comité 5e/13e, responsable local du [syndicat X])

Objet: Dégradations du local [de l'Union Locale du syndicat X] dans le 13e
Date: Samedi 14 Juin 2008, 10h30

Cher(e)s camarades,

J'ai été informé par le secrétaire [de l'Union Locale du syndicat X] que des dégradations ont été commises dans notre local à l'occasion de la dernière réunion plénière du NPA.

Des affiches considérées par les militant(e)s de l'arrondissement comme "patrimoine des luttes" (contre l'aménagement de la ZAC rive gauche par exemple), ont été graffitées de slogans au feutre indélébile, des auto-collants "NPA" ont été apposés sur les murs.

A qui peuvent bien profiter de tels actes ? Sûrement pas à celles et ceux qui entendent créer dans les prochains mois un nouveau parti anticapitaliste, non sectaire (sic!), respectueux des autres et unitaire.

Pour ma part , je ne vois que deux raisons :

La première, infantile, méprisante, anti [syndicat X] primaire

Une autre, visant à nous brouiller avec "les directions traîtres de la classe ouvrière". Ce n'est certainement pas en coupant les ponts avec les militants les plus inter-pros du mouvement syndical, qui font partie de ceux que nous voudrions convaincre, qu'on fera avancer les choses.

Il n'y a pas mort d'homme, [l'Union Locale du syndicat X] s'en remettra...mais notre crédibilité est attaquée... de l'intérieur.

Que ceux qui ont commis ces "actes" assument le débat !

Fraternellement.
A.

Deuxième message d'A.

Objet: Pompiers ou pyromanes ?
Date: Samedi 14 Juin 2008, 22h32

Sauf erreur de ma part les "points de débat" que le CRI propose aux militants du futur NPA concernent pour 3 d'entre eux explicitement le travail en direction, (c'est à dire en opposition) aux organisations syndicales, leurs militants, et plus précisément au [syndicat X]. RIEN pour condamner (alors que ses militants sont parfaitement au courant) les dégradations commises dans les locaux du [syndicat X]. Soit le CRI se fout totalement de ces actes, et c'est une faute politique, soit il les soutient et doit s'expliquer devant les militants du NPA qui, en toute indépendance,devront collectivement en tirer les conséquences.

Message de D. (participant au comité 5e/13)

Objet: Re: Dégradations du local [de l'Union Locale du syndicat X] dans le 13e
Date: Dimanche 15 Juin 2008, 18h06

Bonjour

Dimanche 18 heures, je découvre le courriel d'A.

Je partage son opinion et j'ajoute : pour obtenir le prêt de la salle des syndicats, j'avais "usé" de mes liens amicaux et politiques (Rouges Vifs) avec les camarades [de l'Union Locale du syndicat X].

Lundi je vais essayer de leur expliquer que les agissements de 2 ou 3 imbéciles ne peuvent entacher le projet qui nous anime. C'est un handicap supplémentaire qui s'ajoute au caricatural de la phrase pseudo révolutionnaire dont l'usage abusif par certains nuit gravement à la santé du bébé NPA (mais oui, mais oui cette bonne vieille maladie infantile...)

Sur ce, à jeudi (merci de m'excuser lundi, réunion le mon association sportive)

Salut et fraternité
D.

Message du Groupe CRI (par l'intermédiaire de S.)

Objet: Dégradations [...] 13ème : IMPORTANT
Date: Dimanche 15 Juin 2008, 23h38

Camarades,

Nous prenons connaissance des derniers messages envoyés sur la liste au moment même où nous nous apprêtions à envoyer le message suivant, proposé par L. hier samedi à 16h, dès lecture du message d'A. informant des dégradations commises au local [de l'Union Locale du syndicat X] à l'occcasion de la dernière réunion commune des comités NPA du 13e. Nous attendions pour l'envoyer d'avoir la signature des 5 camarades CRI présents à cette réunion, certains étant injoignables jusqu'à ce soir dimanche..

Mais les derniers messages envoyés sur la liste, nous accusant clairement d'être les auteurs des actes en question, nous obligent à ajouter que nous ne saurions accepter ces accusations intolérables, affirmées sans la moindre preuve, qui relèvent d'une véritable provocation dont l'intention est clairement affichée dans le dernier message d'A.. Nous demandons que la condamnation de ces vieilles méthodes, intolérables dans le nouveau parti à construire, soit le premier point de l'ordre du jour de la réunion de demain soir.

C., L., S., S.,
pour les militants CRI

Message transféré:

De: L.
À: Liste interne du Groupe CRI
Objet: [CRI interne] Urg : prop communiqué dégradations 13e
Date: Samedi 14 Juin 2008, 16h07

« Les militants du Groupe CRI présents à la réunion commune des comités NPA du 13e, informés par le message d'A. que des dégradations avaient été commises au local [de l'Union Locale du syndicat X] à l'occasion de cette réunion, condamnent ces actes avec la plus grande fermeté.

L'indispensable combat politique contre les principales directions syndicales du mouvement ouvrier, qui collaborent aujourd'hui de façon éhontée avec le MEDEF et le gouvernement (accord sur le contrat de travail du 11 janvier, "position commune" du 9 avril sur la représentativité syndicale, accord sur le "dialogue social" dans la Fonction publique, accord avec le projet de réforme Darcos du lycée, etc.), et qui refusent corrélativement de mobiliser les travailleurs par la convergence des luttes et la grève, jusqu'à la grève générale, ne saurait justifier quelque dégradation que ce soit des locaux syndicaux et de leurs biens.

Les locaux et leurs biens appartiennent en effet aux syndicats et les syndicats appartiennent aux syndiqués. C'est un patrimoine collectif de la classe ouvrière organisée, accumulé depuis plus de 150 ans. Il doit être défendu.

Les liens noués avec des militants syndicaux dans le cadre du processus constituant du NPA rendent nécessaires la multiplication et l'approfondissement de discussions politiques de fond sur la nature des directions syndicales, leur orientation, les stratégies alternatives à défendre, l'objectif de les chasser et de les remplacer par des directions syndicales de lutte de classe, etc. Ce n'est évidemment pas en abîmant des affiches syndicales, en y imposant des slogans indélébiles ou en apposant des auto-collants "NPA" sur les murs que l'on pourra convaincre des militants syndicaux de rejoindre le processus constituant du NPA. Ces actes ne peuvent être interprétés que comme hostiles aux syndicats eux-mêmes et par conséquent desservir l'indispensable effort de conviction envers ces militants syndicaux. »

C., C., L., S., S.

Proposition du Groupe CRI pour le mandat des délégués NPA 5e/13e aux Assises Nationales des 28-29 juin 2008

Message de L. et S. (participants au comité 5e/13e, militants du Groupe CRI)

Objet: Prop pour mandat délégués comité nord
Date: Samedi 14 Juin 2008, 16h57

Camarades,

Voici (ci-joint en .doc ou ci-dessous en copié-collé) une proposition de texte pour le mandat des délégués du comité nord, à discuter lors de la réunion de lundi si vous en êtes d'accord.

Bon WE

L et S.

PROPOSITION POUR LE MANDAT DES DÉLÉGUÉS DU COMITÉ NPA 13e NORD

Depuis sa fondation, le comité pour un NPA de Paris XIIIe Nord (qui regroupe environ 25 membres, militants de la LCR, du Groupe CRI, des syndicalistes, des travailleurs et jeunes jusqu’à présent non organisés) a eu des discussions sur le parti que nous voulons construire et a commencé à mener une intervention commune dans la lutte des classes. Pour mandater nos délégués à la réunion nationale des 28 et 29 juin, ce texte essaie de synthétiser les importants points de convergence qui se sont dégagés et de présenter les débats qu’il y a au sein de notre comité.

Points de convergence

1) La politique menée par les gouvernements de droite comme de gauche depuis plus de trente ans, tous au service du MEDEF, provoque des luttes nombreuses des travailleurs : grève de novembre-décembre 1995, grève contre la réforme des retraites en 2003, mouvement lycéen et révolte des banlieues en 2005, lutte contre le CPE en 2006 et, depuis l’élection de Sarkozy, grève SNCF/RATP contre la réforme des régimes spéciaux, grèves pour les salaires dans le privé, mobilisation des enseignants et lycéens, grève aux Impôts contre le projet de mobilité et la RGPP, grève des sans-papiers, etc.

2) Mais il manque à ces luttes une perspective politique claire, ce qui conduit le plus souvent à des défaites et exceptionnellement à des victoires partielles (ex : retrait du CPE).

3) Cela s’explique par une crise de la conscience de classe due elle-même à la crise généralisée du mouvement ouvrier traditionnel : ralliées désormais ouvertement au capitalisme, les principales directions du mouvement ouvrier mènent une politique de collaboration de classe éhontée, tandis que le PS s’est transformé purement et simplement en « parti démocrate » à l’américaine.

4) L’orientation des principales directions syndicales, qui négocient avec le gouvernement et le patronat les reculs sociaux (régimes spéciaux, accord sur le marché du travail, « position commune » sur la représentativité, accord sur le dialogue social dans la Fonction Publique, « points de convergence » avec la réforme Darcos, etc.) est contraire aux intérêts des travailleurs. La tactique des mobilisations secteur par secteur et des journées d’ action sans lendemain conduit inéluctablement à la défaite.

5) Le NPA a pour tâche immédiate d’aider les travailleurs à surmonter la contradiction entre la disposition de larges couches à lutter et l’incapacité à faire émerger un mouvement d’ensemble, une grève générale, seule capable d’arrêter la casse. Pour cela, il doit à la fois participer aux luttes, y défendre le principe de l’ auto-organisation et proposer une stratégie alternative à celle impulsée par les directions collaboratrices.

6) Les aspirations des exploités et des opprimés ne peuvent pas être satisfaites dans le cadre du capitalisme : les crises économiques, la vie chère, la précarisation du travail, le racisme et la xénophobie, la destruction de l’environnement, etc., ne sont pas des accidents, mais des maux inévitablement produits par le capitalisme. Le parti doit donc se fixer pour objectif l’abolition de l’exploitation et de l’oppression, donc du système capitaliste, et non tenter de corriger de prétendues « dérives ».

7) Cet objectif ne peut pas être accompli dans le cadre de l’ État actuel, qui sert les intérêts de la classe dominante, mais seulement en lui substituant le pouvoir des travailleurs : le PS et le PC prétendaient « changer la vie » sans toucher à l’État et ils ont mené une politique correspondant globalement aux intérêts du patronat, organisant le démantèlement des conquêtes sociales et démocratiques. En outre, l’histoire montre que la bourgeoisie a recours à la violence dès qu’elle sent sa domination menacée, n’ hésitant pas à renverser un gouvernement « démocratiquement » élu (ex : coup d’État de Pinochet contre Allende au Chili).

8) La grève générale de mai 68 a fait voir la puissance qu’a le prolétariat par sa place dans la production : quand les salariés cessent de travailler nombreux en même temps, le pays est paralysé. Mais il a manqué en 1968 un parti révolutionnaire capable d’aider les travailleurs à dépasser l’obstacle dressé par le PCF et la CGT contre les occupations d’usines, contre la constitution des comités de grève permettant à tous les travailleurs de participer aux décisions, contre un comité central de grève, contre le renversement de De Gaulle, contre la perspective d’un gouvernement des organisations ouvrières rompant avec le capitalisme…

9) Pour mener à bien ces tâches, le NPA doit être un parti non d’ adhérents, mais de militants.

10) La lutte des travailleurs sans-papiers pour leur régularisation est la lutte de la fraction la plus exploitée et la plus opprimée de la classe ouvrière. Les comités du XIIIe ont énergiquement soutenu l’occupation du chantier de la rue Xaintrailles. Un tract a été rédigé en direction de la population pour expliquer la légitimité de ce combat et souligner la responsabilité des organisations syndicales et politiques de gauche à prendre les initiatives nécessaires pour créer un rapport de force suffisant. Une manifestation de soutien unitaire a été organisée, qui a réuni environ 300 personnes.

Points de débat

1) Sur le parti et les syndicats : certains participants au comité s’interrogent sur la manière d’articuler intervention politique et intervention syndicale. Le syndicat a-t-il pour seule fonction de défendre les intérêts matériels et moraux des travailleurs dans le cadre du système ? Peut-il être amené à adopter des mots d’ordre révolutionnaires ? Devons-nous avoir l’ objectif de chasser la bureaucratie qui dirige aujourd’hui les syndicats pour la remplacer par des révolutionnaires élus par la base ?

2) Sur la combativité des travailleurs et les directions syndicales : le principal obstacle aux luttes actuelles se trouve-t-il dans le manque de combativité des travailleurs ou dans la politique des directions du mouvement ouvrier, notamment syndical ? En conséquence, faut-il dénoncer ouvertement les directions syndicales comme des ennemies, tout en en proposant une orientation alternative ?

3) Sur la lutte des sans-papiers : le précédent débat s’est retrouvé dans la manière d’intervenir sur la lutte des sans-papiers. Fallait-il seulement la soutenir et essayer de la populariser auprès des habitants du quartier ou bien fallait-il aussi et en même temps critiquer fermement l’orientation de la direction de la CGT, qui se bornait à se battre pour quelques centaines de régularisations au cas par cas, risquant de conduire la lutte dans une impasse, alors que des milliers de sans-papiers voulaient y participer ? Fallait-il critiquer ou soutenir la décision de la Coordination 75 des Sans-Papiers d’occuper la Bourse du Travail ? Fallait-il dire ou non que la politique générale de la direction de la CGT, étant un obstacle sur la voie d’ un mouvement d’ensemble, contribuait à isoler la lutte des sans-papiers ?

4) Sur la méthode de construction du NPA :

- Faut-il essayer de diffuser régulièrement un tract avec un recto sur un sujet politique d’actualité et un verso portant l’ appel revu pour le NPA ou bien cela n’est-il pas réaliste à ce stade du processus ?

- Faut-il s’adresser à l’ensemble de la population du quartier massivement, mais indifféremment, ou essayer de cibler certains lieux de travail pour essayer de toucher en priorité l’avant-garde des travailleurs et de la jeunesse ? Sur l’arrondissement, il y a la possiblité de diffuser le matériel du NPA aux cheminots d’ Austerlitz, aux agents de la RATP (il y a un dépôt de bus et un dépôt métro), aux travailleurs hospitaliers de la Pitié-Salpêtrière, etc.

- Faut-il profiter des diverses manifestations pour y diffuser nos tracts, faire connaître le NPA en général et les orientations de notre comité en particulier ?

Réponse de P.

Objet: Re: Prop pour mandat délégués comité nord
Date: Dimanche 15 Juin 2008, 22h39

Exceptionnellement j’interviens sur le groupe de diffusion NPA 13 car je ne pourrai pas être présent lundi soir.

Comme nous commençons à en avoir l’habitude, le groupe CRI envoie sa contribution juste avant l’une de nos réunions pour que le débat tourne autour de ses propositions. Nous devons nous poser la question : « Est-ce à partir des contributions, interventions et propositions du groupe CRI que nous voulons construire le nouveau parti ? » Si c’était le cas nous les aurions déjà rejoint depuis longtemps et non pas l’inverse.

Pour avoir participé à plusieurs réunions (Comité Nord et réunion commune NPA 13) j’ai assimilé, assez vite le discours répétitif du groupe CRI quel que soit l’intervenant ou la réunion. (Notamment sur la CGT). Pour ma part je vois, dés à présent, les limites de l’ apport d’un groupe déjà constitué dans la réflexion du NPA 13..

Nous devons désormais organiser les débats pour ceux qui nous rejoignent spontanément et en leur nom propre sur la base de l’ appel pour faire entendre leurs questionnements et propositions.

Militant CGT à l’ul d’Ivry sur Seine, (qui elle aussi prête ses locaux fréquemment) je suis évidemment choqué par les provocations écrites à l’ul du 13ème.

Je crois que nous devrions faire une mise au point lors de la réunion de lundi et soutenir les propositions de D. et A., c’ est pourquoi je regrette de ne pas être parmi vous.

P.

Échanges de courriels sur la liste NPA 5e/13e concernant la motion d'Ag. visant à exclure les militants du Groupe CRI

Message d'Ag. (participante au comité 5e/13e, ancienne militante du PCF)

Objet: Motion et réunion du 26 juin
Date: Dimanche 22 Juin 2008, 23h47

Chers camarades,

Après avoir vu la situation très différemment lors de mes premiers temps au NPA, je suis arivée à certaines conclusions que je vous présente dans cette motion, conclusion assortie d'une proposition concrète.

Je vous demande, si c'est possible, qu'elle soit discutée et soumise au vote lors de nôtre (de nos?) réunion(s) du jeudi 26 juin.

Salutations militantes, Ag.

MOTION

Cette motion a pour but de vous expliquer pourquoi j'estime que les militants du CRI ne sont pas pour nous des compagnons de lutte:

1- Je crois qu'ils ne sont pas sincères dans leur engagement au sein du NPA: ils ne cherchent pas à construire, de façon unitaire, un grand parti de combat dans lequel chacun respecte la spécificité de ses camarades tout en oeuvrant à un but commun. Ils cherchent à vampiriser le foetus que nous sommes pour lui imprimer leur sceau, pour parler par sa voix, pour tenter de téléguider sa force. Lorsque je lis leurs propositions de texte pour le NPA, j'ai l'impression de lire un tract du CRI.

2- Objectivement, si le débat accompagne la démocratie et que débat et démocratie requièrent du temps, celui que nous passons dans nos réunions de comité à tenter de contrer certaines prises de position que le CRI cherche à faire adopter ou, au contraire, à faire accepter des ouvertures auxquelles ils se refusent, est du temps perdu, du temps que nous pourrions passer à réfléchir et à débattre pour construire notre parti et aller de l'avant au lieu de nous heurter de façon récurrente à des dragons de l'époque de nos grand-pères!

3- Enfin, je pense que les militants du CRI risquent d'être extrêmement nuisibles pour le NPA: parce qu'ils sont d'un sectarisme empoussiéré, parce que leur sémantique est un véritable épouvantail pour tout démocrate et qu'ils risquent de faire fuir nombre de ceux qui tenteraient de s'approcher de nous et parce qu'il me semble que notre ennemi n'est pas le même (si le nôtre est le capitalisme, le leur semble avant tout être les directions des grandes centrales syndicales, du PS et du PC, ils sont plus prompts à taxer de "criminelle" la direction de la CGT que la direction de la police de Sarkozy dont la politique conduit pourtant les immigrés clandestins à sauter, de peur, par la fenêtre ou dans la Marne).

Je crains beaucoup qu'une femme, un homme de gauche, déçu(e) depuis des années par les appareils politiques du PS et du PC et venant à notre rencontre pour trouver un vrai parti de gauche et des camarades de lutte ancrés dans le réel ne prennent, en rencontrant les militants du CRI comme militants du NPA, leurs jambes à leur cou en se disant que décidemment, la Gauche n'est qu'une illusion aussi vaine que les lendemains qui chantent qui avaient été promis à leurs parents.

PROPOSITION

Je propose donc que les militants du CRI (quels qu'ils soient) n'appartiennent plus, de par notre décision, aux comités nord et sud des XIIIème et Vème arrondissements.

Message de L. et S. (militants du Groupe CRI)

Objet: Pour réunions séparées jeudi
Date: Lundi 23 Juin 2008, 17h48

Camarades,

Pour les raisons très bien résumées par Ph., les deux comités ne peuvent se réunir ensemble jeudi. En particulier, l'ordre du jour de la réunion du comité nord a déjà été fixé par la précédente réunion : il s'agit avant tout de conclure la discussion déjà entamée en définissant le mandat des délégués du comité nord et en les élisant (alors que le comité sud a déjà élu les siens).

Quant à la nouvelle attaque politique dont le CRI est la cible (soit tout de même la troisième en trois semaines !), nous y reviendrons...

L. et S.

Message de M. (participante au comité 5e/13e, «indépendante»)

Objet: Une contribution de M.
Date: Lundi 23 Juin 2008, 23h13

Camarades,

Permettez-moi de vous poser la question : qu' êtes-vous venus chercher dans ces comités NPA, et qu'avez-vous vraiment l'intention d'y faire ?

Personnellement, je suis venue pour tenter d'aider à créer un NOUVEAU PARTI DE GAUCHE , REELEMENT SOCIALISTE ET ANTI CAPITALISTE.

Ce qui ne me parait pas être le cas de tous, compte tenu de ce que je lis ces derniers jours.

On exclu !

Là vous me la bâillez belle, pour un parti qui veut démontrer sa pratique démocratique, chapeau bas l

En plus vous vous trompez d'adversaires, il me semble.

Ils sont dogmatiques, certes, trop professoraux ok !

mais je croyais que c' étaient le capitalisme et ses représentations qui étaient nos principaux adversaires !!!

On contrôle !

Je ne vous cache pas ma désapprobation totale quant aux diktats dont font preuve les camarades du sud qui veulent "surveiller" nos décisions, sommes-nous sous tutelle ? Sommes -nous des êtres inférieurs, dénués de sens politique au point qu'il faille nous aider à bien voter ?

Désolée SUD "Kamarads" ! Je voterai pour qui bon me semble, jeudi aux"Cigognes" et cela NE VOUS REGARDE PAS !

A BAS LE CAPITALISME ! VIVE LA DEMCRATIE !

LA LUTTE FINALE EST ENCORE LOIN !

Salut et Fraternité,

M.

Réponse de Liber.k (militante de la LCR, extérieure au comité NPA 5e/13e) au message de M.

Objet: Réponse à M.
Date: Mardi 24 Juin 2008, 18h46

OUI EN EFFET M...., il s'agit bien de créer Le NOUVEAU PARTI DE GAUCHE ANTICAPITALISTE ce qui ne veut pas dire se laisser fagociter par des énergumens au militantisme douteux autant que l'est leur projet politique radicalement anti-démocratique sans le moindre espace de débat réel.... l'urgence est à la construction pragmmatique dans le processus constituant d'un nouveau parti... et dans le contexte d'offensives généralisées de l'actualité hexagonale, européenne et mondiale... il y a ainsi des réactions qui me paraissent bien décallées des réalités... le CRI en est une incarnation vivante... je pense que les camarades du NPA 5/13 se trouvent contraints de se débarrasser sans encombre de ces empêcheurs nocifs... je trouve même que par souci démocratique interne, ils ont été bien assez patients... quand on sait comment en novembre nos preux chevaliers du CRI avaient éditorialement critiqué la LCR et l'initiative du NPA après une rencontre de leur fait restée volontairement infructieuse... nous, militants, avons besoin de mettre nos énergies ailleurs... c'est pourquoi j'arrête là...

Si tu as un objectif politique, quel est-il ? ... au royaume des aveugles... les bornes sont rois...

Désolée, M., nous ne sommes vraiment pas sur la même longueur d'ondes

Liber.k

Message de L. et S. (participants au comité 5e/13e, militants du Groupe CRI)

Objet: Réponse à la motion proposée par Ag.
Date: Mardi 24 Juin 2008, 22h36

Réponse des militants CRI du comité NPA de Paris 5e-13e nord à la proposition de motion d’Ag. visant à les exclure

La proposition de motion envoyée par Ag. sur la liste électronique de discussion des comités NPA de Paris 5e-13e est la troisième attaque politique contre les militants du Groupe CRI en à peine trois semaines.

Le 30 mai, L., militant de la LCR , menaçait d’une agression physique imminente  un militant CRI parce que celui-ci lui annonçait son refus de se plier à ses injonctions ; mais il s’en est excusé le 16 juin, tout en maintenant sa proposition que les militants CRI ne participent plus aux comités NPA.

Le 14 mai, A. osait accuser sans la moindre preuve les militants CRI d’être responsables des dégradations commises au local [de l'Union Locale du syndicat X] à l’occasion de la dernière réunion commune des comités NPA 5e-13e. En raison de leur inanité évidente, ces accusations ont fait long feu. Mieux : à la surprise de nombreux militants NPA, A. a repris à son compte lors de la réunion publique du 19 juin, pour la première fois dans une réunion NPA, l’un des axes d’intervention des militants CRI, en dénonçant les directions syndicales et en affirmant qu’il fallait construire contre elles une tendance lutte de classe dans les syndicats !

D’autre part, un des responsables de la LCR , T., qui avait été pourtant virulent contre le CRI après les réunions des comités nord et sud du 16 juin, a tenu à dire à Ludovic après la réunion publique du 19, devant témoin, qu’il avait trouvé raisonnables les interventions des militants CRI lors de cette réunion...

Si l’on ajoute à cela le succès et l’intérêt évidents de la réunion publique, et avec l’optimisme qui caractérise les révolutionnaires, on pouvait donc espérer que des malentendus commençaient à se dissiper, que les questions de forme allaient passer au second plan, que les discussions de fond pourraient commencer ou se poursuivre progressivement…

Hélas, c’est maintenant au tour d’Ag. de s’en prendre au CRI... Comme la motion qu’elle a envoyée est présentée à titre individuel, acceptons de la traiter comme telle et d’y répondre de façon précise. Et passons sur le fait que son auteure se plaignait le 15 juin que le CRI fasse trop parler de lui dans les échanges du NPA 5e-13e… mais décide le 22 de nous consacrer sa première intervention réellement politique sur la liste... donc d’ouvrir une nouvelle discussion à notre sujet !

1) Ag. prétend d’abord sonder nos cœurs avec un instrument de son invention, le « sincéromètre » et se croit dès lors autorisée à nous faire des procès d’intention : alors que nous participons aux réunions NPA depuis le début en respectant scrupuleusement l’ordre du jour adopté, le temps de parole prescrit par le président de séance et l’ordre des inscrits, alors que nous diffusons les tracts NPA (notamment à la cantine du personnel de la gare d’Austerlitz, à Tolbiac, à la Sorbonne …) et participons à son activité, elle peut certes « croire » ce qu’elle veut (comme tout le monde)… Mais elle devrait surtout savoir que, dans toute organisation démocratique (parti, syndicat, association…), un acte politique aussi lourd de conséquences qu’une exclusion ne peut s’envisager que sur la base de fautes graves avérées (manquement aux statuts, calomnies, trahisons, etc.). Tout autre motif n’est pas valable, et surtout pas le délit d’opinion — sans parler de cette nouveauté « juridique » que serait le « délit de style », fût-il jugé « poussiéreux ». À moins qu’Ag. ne veuille en fait construire un parti néo-stalinien ?

2) La question se pose, car si Ag. prétend refuser le « sectarisme empoussiéré » et vouloir construire un « parti de combat dans lequel chacun respecte la spécificité de ses camarades tout en œuvrant à un but commun », elle veut exclure des militants trotskystes en raison de leur « spécificité » et elle n’hésite pas pour cela à les déshumaniser en les comparant à des « vampires » qui s’attaqueraient au « fœtus » NPA (sic) et à des « dragons » ! Elle qui a tenu à nous raconter son enfance lors de la réunion publique du 19 juin, en nous expliquant qu’elle était tombée dans la marmite du PCF stalinien quand elle était petite, nous prouve ainsi surtout qu’elle n’en est pas encore sortie; car nous, militants trotskystes, nous connaissons bien les méthodes et, comme elle dit, la « sémantique » des staliniens contre « les hyènes trotskystes, les misérables qui n’ont plus rien d’humain » et commettent évidemment bien des crimes imaginaires (cf. par exemple La Pravda, 14 février 1937).

3) De même, la suggestion intolérable selon laquelle la dénonciation des directions collaboratrices du mouvement ouvrier ferait le jeu de Sarkozy est typiquement stalinienne : c’est par cet « argument » que les dirigeants staliniens de l’URSS et leurs relais à la tête des PC et des syndicats liés au Kremlin, ont toujours justifié l’exclusion, voire la liquidation de leurs opposants à l’intérieur même du mouvement ouvrier, systématiquement accusés de faire le jeu des puissances impérialistes ou du patronat. Ag. commet d’ailleurs sciemment ses allégations, puisqu’elle connaît, d’après ce qu’elle dit elle-même, les publications du CRI et sait donc parfaitement que nous dénonçons sans ambiguïtés la politique du patronat et du gouvernement. Mais nous revendiquons en outre le droit de nous inscrire — en tout cas jusqu’à ce que l’on nous ait prouvé sur le fond notre éventuelle erreur —, dans la lignée de Marx qui expliquait par exemple, dans une lettre à Kugelmann du 18 mai 1874 : « En Angleterre, (…) les ouvriers d’industrie doivent, avant tout, se débarrasser de leurs chefs actuels. Quand j’ai dénoncé ces individus au Congrès de La Haye [de la Première Internationale , NDR], je savais que cela me vaudrait une impopularité, des calomnies, etc., mais des conséquences de cet ordre m’ont toujours laissé indifférent. De divers côtés, on commence à comprendre qu’en les dénonçant je n’ai fait que remplir un devoir. » Et nous revendiquons le droit de faire nôtre la tradition de la IIIe Internationale fondée par Lénine et Trotsky, et dont la première condition d’adhésion disait notamment : « Dans les colonnes de la presse, dans les réunions publiques, dans les syndicats, dans les coopératives, partout où les partisans de la IIIe Internationale auront accès, ils auront à flétrir systématiquement et impitoyablement non seulement la bourgeoisie, mais aussi ses complices, réformistes de toutes nuances. »

4) Il est en réalité tout à fait clair que, au-delà de sa prétendue « croyance » sur notre « sincérité », Ag. veut tenter de nous faire exclure des comités NPA en raison des positions politiques que nous y défendons. Son argument concernant le temps pris par nos interventions et les réponses qui leur sont consacrées ne tient pas la route : aucun militant CRI ne participe au même comité qu’elle (puisque Ludovic n’est allé que deux fois aux réunions du comité sud et s’est finalement joint au comité nord) ; le temps que le CRI est censé lui avoir gaspillé est donc en fait très limité et, si Ag. craignait vraiment que le CRI ne fasse fuir les gens, cela ne l’empêcherait en aucun cas de faire venir ses contacts dans son comité ! Mais surtout, cet argument du « temps perdu » révèle une conception fondamentalement anti-démocratique de la discussion politique : en somme, pour Ag., ne doivent avoir droit à la parole que les gens qui partagent sa vision de la construction du parti, ceux dont elle n’a pas besoin ou pas envie de réfuter ou de « contrer » les analyses et propositions ! C’est la logique même de tous les régimes (d’État ou d’organisation) qui s’en prennent à la liberté d’expression. L’affirmation d’Ag. concerne d’ailleurs également les autres militants des comités NPA : tous ceux qui jugent utile de répondre — d’une façon ou d’une autre — à des analyses ou propositions CRI ne sont-ils pas eux aussi complices du grand complot de la « perte de temps » dont l’efficace Ag. se fait la pourfendeuse ?

5) Ag. entend tout particulièrement nous dénier le droit, à nous qui sommes militants syndicaux, de considérer les « directions des grandes centrales syndicales » comme des suppôts du MEDEF et du gouvernement Sarkozy… mais elle-même est étrangère au mouvement syndical, elle n’est même pas syndiquée, et ce non de façon éphémère, mais depuis très, très longtemps ! Et c’est cette personne qui a passé la plus grande partie de sa vie adulte à ne construire aucune organisation, pas même syndicale… qui vient nous donner des leçons sur la façon de ne pas perdre notre temps !

6) Dès lors, quel est le fond de l’orientation d’Ag. ? Il semble que sa demande insistante (lors de la deuxième réunion du comité sud) d’enlever la critique à l’égard de la direction du PS dans l’appel du congrès de la LCR pour le NPA, son mythe d’une « gauche » qu’elle ne définit pas, son refus de combattre les directions syndicales collaboratrices de Sarkozy et du MEDEF (alors que l’appel du congrès de la LCR pour le NPA explique qu’il faut combattre pour le « syndicalisme de lutte de classe », contre le « syndicalisme d’accompagnement »), son assimilation des idées révolutionnaires à des idées de « grands-pères », à du « sectarisme empoussiéré » et à une « sémantique » qui serait « un véritable épouvantail pour tout démocrate » (sic)… expriment manifestement un réformisme plus ou moins assumé, ou en tout cas un reste d’illusions à l’égard des directions traditionnelles du mouvement ouvrier. Dans les deux cas, la discussion avec Ag. devra être menée démocratiquement dans le cadre du NPA.

7) Quant au fantasme selon lequel le CRI risquerait de faire fuir les gens intéressés par le NPA, non seulement il ne s’appuie sur aucun fait tangible, mais il est vraiment délirant si l’on compare la taille du CRI avec celle du processus NPA : la dynamique du NPA a été lancée par la LCR et le résultat en sera ce que les participants aux comités en feront, à commencer par les dirigeants de la LCR et ses militants, qui y sont les plus nombreux en tant que militants organisés. De ce point de vue, pour faire venir les gens et surtout pour leur donner envie de revenir, il n’y a pas d’autre solution que de refuser la dépolitisation des réunions, de mener les discussions de fond sur le programme, l’analyse de la situation et la stratégie. Le CRI, quant à lui, participe à ce processus en défendant l’idée que le nouveau parti doit être clairement révolutionnaire, en développant ce que cela signifie pour lui concrètement et en annonçant qu’il compte y défendre ses positions en constituant un courant public, avec d’autres militants qui partageraient cette orientation, puisque l’existence de tels courants est prévue par la LCR (sachant que, jusqu’au congrès fondateur, tout en intervenant ensemble dans le processus NPA, la LCR , la Fraction de LO, la GR , le CRI, etc., restent des organisations autonomes). Mais le CRI n’a évidemment pas assez de forces pour peser réellement sur le processus constituant du NPA au niveau national : même si nous le voulions, nous ne pourrions jouer le rôle du vampire qu’Ag. nous attribue, à peine celui d’une chauve-souris ! Ag. ferait donc mieux de remettre les pieds sur terre, de retirer sa motion et de se demander si une poignée de militants CRI — quoi qu’elle en « croie » par ailleurs — valent vraiment la peine que son premier acte politique significatif dans le nouveau parti soit de s’ériger en procureure néo-stalinienne.

8) En tout cas, s’il est vrai que, comme l’écrivait Trotsky, il n’y a qu’un pas de l’égratignure au danger de gangrène, il est douteux qu’un nouveau parti se présentant comme ouvert à tous les « anticapitalistes et révolutionnaires », non sectaire et en construction, mais dont l’un des premiers actes serait l’exclusion pour délit d’opinion ou de style d’une partie des militants qui s’y sont engagés, soit capable d’attirer beaucoup de gens…

Paris, le 24 juin 2008
L. et S.


Finalement, la motion d'exclusion a été votée par 14 voix pour (dont 11 LCR, Ag. l'auteure de la motion et A. l'auteur des accusations calomnieuses), 5 contre (2 CRI et 3 "indépendants"), 4 abstentions et 1 NPPV (LCR, JCR et "indépendants").